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Un soir, comme je m'étais couché, tripotant sans y prendre garde entre mes jambes, je sentis cette masse molle s'enfler et se durcir progressivement pour atteindre bientôt un volume insoupçonné. J'y jetai un œil intrigué, en tâchant d'oublier ce phénomène insolite. Mais au bout d'un moment, hanté par ce contact agréable, j'y remis malgré moi la main que j'animai alors d'un mouvement de va et vient, histoire de connaître la suite, le dénouement, quand je fus envahi par une sensation nouvelle, naissant partout en moi, une sorte de frisson, accompagné d'un jaillissement sur mon ventre.
C'était donc de cela qu'il s'agissait :
Un moment plus plaisant que les autres pour commencer, puis juste après un peu plus morose, un peu plus désolé...
J'eus quelque peine à me mobiliser pour cette cause là, ce prétendu sublime qui justifierait tout. Je détestais ce dénouement, le retour au réel, avec une conscience plus aigüe de ma misérable condition.
 
( " Les vaches " de Benoit Duteurtre )
 
 
 
Dessin de Vidberg :  http://vidberg.blog.lemonde.fr/