fourtoulitterofilosoficopoeticomic

16 novembre 2016

et réciproquement...

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Être dur de la feuille n'empêche pas,

pour autant,

d'être mou de la branche,

et réciproquement.

( Pierre Dac )

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15 novembre 2016

spiritualité...

Photo de Thierry Cantel.

Le retour à la religion a pris, ces dernières années, une dimension spectaculaire, parfois inquiétante. On pense d'abord aux pays musulmans. Mais tout indique que l'Occident n'est pas à l'abri du phénomène. Retour à la spiritualité ? On ne pourrait que s'en féliciter. Retour à la foi ? Ce ne serait pas un problème. Mais le dogmatisme revient avec, trop souvent, et l'obscurantisme, et l'intégrisme, et le fanatisme parfois. On aurait tort de leur abandonner le terrain. Le combat pour les Lumières continue, et c'est un combat pour la liberté. Un combat contre la religion ? Ce serait se tromper d'adversaire. Mais pour la tolérance, pour la laïcité, pour la liberté de croyance et d'incroyance. L'esprit n'appartient à personne. La liberté non plus. J'ai été élevé dans le christianisme. Je n'en garde ni amertume ni colère, bien au contraire. Je dois à cette religion, donc aussi à cette église ( en l'occurence la catholique ), une part essentielle de ce que je suis, ou de ce que j'essaie d'être. Ma morale, depuis mes années pieuses, n'a guère changé. Ma sensibilité non plus. Même ma façon d'être athée reste marquée par cette foi de mon enfance et de mon adolescence. Pourquoi devrais-je en avoir honte ? Pourquoi devrais-je, même, m'en étonner ? C'est mon histoire, ou plutôt c'est la nôtre. Que serait l'Occident sans le christianisme ? Être athée, ce n'est pas une raison pour être amnésique. J'ai horreur de l'obscurantisme, du fanatisme, de la superstition. Je n'aime pas davantage le nihilisme et la veulerie. La spiritualité est une chose trop importante pour qu'on l'abandonne aux fondamentalistes. La tolérance, un bien trop précieux pour qu'on la confonde avec l'indifférence ou la molesse. Rien ne serait pire que de nous laisser enfermer dans un face-à-face mortifère entre le fanatisme des uns et le nihilisme des autres. Mieux vaut les combattre tous, sans les confondre et sans tomber dans leurs travers respectifs. La laïcité est le nom de ce combat. Reste, pour les athées, à inventer la spiritualité qui va avec. Les athées n'ont pas moins d'esprit que les autres. Pourquoi s'intéresseraient-ils moins à la vie spirituelle ?

( " L'esprit de l'athéisme " d'André Comte-Sponville )

Photo de Thierry Cantel.

( Illustrations : En haut : Massacre de la Saint Barthélemy. 24 Août 1572 par François Dubois. http://www.publius-historicus.com/st-bart2.htm . En bas : Massacre de religieux pdt la Révolution française. https://lebloglaquestion.wordpress.com/…/la-revolution-et-…/

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14 novembre 2016

diriger...

Aucun texte alternatif disponible.

Tout homme qui dirige,

qui fait quelque chose,

a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose,

ceux qui font précisemment le contraire

et surtout la grande armée des gens d'autant plus sévères

qu'ils ne font rien du tout.

( Jules Claretie )

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11 novembre 2016

Théo...

 Photo de Thierry Cantel.

Ah, mon grand Père Théophile que j’ai adoré,  c’était quelqu’un...
c’est un roman qu’il faudrait écrire sur lui et non un malheureux article en ce 11 Novembre 2016.
Il est né aux alentours des années 1885/90 dans un milieu simple et modeste. Il fut sans doute l’un des très bons élèves des écoles de la République puisqu’il obtint avec brio son certificat d’études ( ce qui n’était pas rien ) qui lui permit de faire une très méritante carrière dans le négoce Havrais et devenir “ Fondé de Pouvoir “ et homme de confiance de la “ Maison Westphalen “( Coton, Café ).
Il fut brancardier en première ligne pendant la Guerre 14/18 et se comportant avec grand courage reçu la médaille militaire et la “ légion d’honneur “. Il était d’une grande bonté et avait su garder, malgré les horreurs vues et vécues, foi en l’Homme. C’était un Humaniste :
--- Jeanne, Jeanne... c’est merveilleux, tu te rends compte, De Gaulle a reçu Adenauer chez lui, à la Boisserie, et ils se sont serrés la main... oui, te rends-tu compte, ils se sont serrés la main, on va être amis avec les Boches, c’est incroyable, c’est merveilleux !
Je ne l’ai jamais vu autrement qu’en costume, chemise blanche et cravate. Une superbe moustache blanche et très fournie. Des yeux malicieux derrière d’épaisses lunettes. Des bons yeux rieurs.
Je me souviens, couchant une nuit chez mes grands parents à 5/6 ans et, rentrant dans sa salle de bains vers 7h du matin, réveillé sans doute par un de ses “ Miel “ retentissants ( Théo disait “ Miel “, jamais “ Merde “ ) je le surpris en train de se raser avec son vieux coupe-choux, de se couper sanguinairement et colmater avec du coton les fuites abondantes qui ne manqueront pas ensuite de tâcher le “ faux col amidonné “ de sa chemise blanche. Se retournant et baissant les yeux vers moi, sans lâcher la lame assassine, il me dit, sourire admiratif et aimant aux lèvres :
--- Ah, te voilà toi, Phénomène !
Sur ce, il se lavait les dents au “ Savon de Marseille “ ( habitude des tranchées, sans doute )
Peut être cette heureuse rencontre matinale me donna le goût de me lever très tôt toute ma vie ?
Un autre jour, je devais avoir 15/16 ans, nous nous retrouvâmes tous les deux devant la porte de sa maison passage Eichoff au Havre et il n’avait point ses clés :
--- Viens, Phénomène, tu vas escalader le mur et m’ouvrir en tirant le verrou.
Le phénomène, en question, avait déjà un léger embonpoint qui ne lui permit pas de réussir dans cette entreprise de commando...
--- Miel, t’as rien dans les biscottos, Phénomène !
Et voilà mon Théo à plus de 70 ans qui escalade le mur aussi vite qu’il sortait de sa tranchée à Verdun pour aller chercher quelque blessé embourbé entre les lignes françaises et allemandes.
Sacré Théo ! C’était lui, le Phénomène...
Ma grand-mère Jeanne, elle, avait perdu 3 de ses 4 frères dans cette ignoble boucherie. De plus, elle ne se remit jamais de la destruction de la ville de sa jeunesse en 44 et de la fin des bateaux à voile couvrant harmonieusement le Port du Havre, si bien qu’à la fin de sa vie, elle ne sortait presque plus de chez elle et je ne l’ai toujours connu que vêtue de noir. Elle était adorable avec nous qui appelions nos grands-parents “ Bon Papa et Bonne Maman “ titres qu’ils méritaient amplement. Par contre, Jeanne n’était pas toujours très tendre avec Théo...
--- Tu es rentré vivant de la Guerre, mes frères sont morts, ils ont fait leur devoir... eux !
Théo soulevait gentiment les épaules et souriait tristement, son “ Miel “ douloureusement intériorisé.
Voilà, une trop partielle évocation de mon Théo et de sa terrifiante époque. Souhaitons que les générations futures ne connaissent point à leur tour de telles horreurs et puissent vivre la relative paix et période de grands progrès que ma génération privilégiée a connu....

l'père Cantoche

http://percantoch.canalblog.com/archives/2015/11/11/32911532.html

Photo du haut : Mariage de Jeanne et Théo ( 1911/12 ou 13 ? )

Photo du bas : de G à D, Papa, Maman, Bibi, Jeanne, mon frère ainé de 4 ans et Théo ( 1954/55 ? ). Assis, ma soeur cadette de 4 ans, et à gauche, sans doute, le bras de mon frère cadet de 2 ans.

 

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10 novembre 2016

la côte...

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Longeant la rue Félix Faure et ses immenses villas balnéaires, édifiées au XIXème siècle par les négociants du port, nous dominions la ville dans toute son étendue. J'adorais ce panorama de la " côte " qui donnait au Havre une urbanité grandiose. Cent mètres plus bas, les tours en béton armé d'Auguste Perret se dressaient le long d'avenues rectilignes. Plus loin, vers l'est, les bassins portuaires, les entrepôts et les quais dominés par des grues métalliques se prolongeaient jusqu'aux usines innombrables, puis se perdaient dans les chapelets de fumées qui embrumaient l'estuaire de la Seine. A l'ouest, la ville s'interrompait brutalement devant la mer. Les deux bras de la jetée s'ouvraient sur le large, immense et scintillant, où se croisaient quantité de paquebots, pétroliers, méthaniers, porte-conteneurs, cargos, chalutiers, dragues, porte-barges, prêts à entrer en Europe ou à partir pour l'Amérique.

( " L'été 76 " de Benoit Duteurtre )

Photo de Claude ; http://objectif.canalblog.com/

https://www.youtube.com/watch?v=P_KReh-R8yk

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09 novembre 2016

No Comment...

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08 novembre 2016

pas mon soir...

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J'ai sorti le couteau de ma poche et j'ai dit au type de remonter son pantalon en vitesse et de foutre le camp de ma maison. Ma femme s'est rhabillée comme elle a pu et s'est enfermée en pleurant dans sa chambre. Je suis allé au salon. J'ai ouvert une bière, branché la télévision sur la la chaîne des sports et j'ai regardé un match de boxe en différé. Juste à la fin de la troisième reprise le poste est tombé en panne. Ce n'était pas mon soir.

( " Parfois je ris tout seul " de Jean Paul Dubois )

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07 novembre 2016

Albert...

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Je ris de choses qui ne feraient rire personne d'autres.

 

La psychanalyste qui me suit se prénomme Albert Bronstein. Je trouve curieux qu'une femme se prénomme Albert. La première fois qu'elle m'a reçu, j'ai demandé :

-- Vous êtes la remplaçante du docteur Bronstein ?...

-- Je suis le docteur Bronstein.

-- Albert Bronstein ?

-- Albert Bronstein.

Je n'ai pas su quoi dire d'autre et nous en sommes restés là. Il va falloir reparler de ce problème. Et j'emploie le mot problème à bon escient. Parce qu'à la longue, pour un type fragile comme moi, c'est sexuellement très perturbant de se sentir attiré par les fesses d'Albert.

 

( " Parfois je ris tout seul " de Jean Paul Dubois )

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04 novembre 2016

17 ans...

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Dix-sept ans. Il parait que tous les hommes sont ainsi. Ils vieillissent sans même s'apercevoir que leur fils a grandi. Jusqu'au jour où dans la salle de bains, ils croisent un grand type au corps parfait, quelqu'un qui leur ressemble vaguement et dont la voix leur rappelle quelque chose. Et tout d'un coup, en eux un monde se brise et un frisson polaire leur enserre la nuque. Et ils n'arrivent pas à croire ce qu'ils voient, à accepter ce qu'ils commencent à comprendre. Et ils... pensent que ce n'est pas possible, que ce doit être une erreur, que, tenez, hier encore ils soulevaient ce magnifique enfant à bout de bras. Alors en eux, soudain, l'horloge s'arrête, un ressort se détend. Dans le vide qui s'ensuit, ils font un rapide calcul mental. Et en découvrant le résultat, ils comprennent qu'hier, c'était il y a dix-sept ans.

( " Une vie française " de Jean Paul Dubois )

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03 novembre 2016

goûter en paix l'âcreté du désespoir...

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Sans se faire illusion sur le fond des choses, il est des esprits qui s'évertuent à en agrémenter la surface par des gracieusetés verbales. Pas de fioriture sur le néant. Et puisqu'on n'a rien à nous dire qui vaille, qu'on nous laisse goûter en paix l'âcreté du désespoir.

( " Pensées d'un biologiste " de Jean Rostand )

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