fourtoulitterofilosoficopoeticomic

18 mars 2017

curieux...

L’image contient peut-être : nuage, ciel, plein air et eau

L'Angleterre, c'est un pays extraordinaire.Tandis qu'en France nous donnons à nos rues des noms de victoire : Wagram, Austerlitz... là-bas on leur colle des noms de défaites : Trafalgar square, Waterloo place.

( Alphonse Allais )

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17 mars 2017

notre destin...

L’image contient peut-être : intérieur

Chaque matin, ces patients, épuisés par une nuit d'agitation, somnolaient côte à côte sur leurs chaises et leurs fauteuils à roulettes. Puis ils se levaient, l'un après l'autre, et recommençaient à se croiser sans se voir. En un sens je les plaignais, mais je n'aimais pas cette pitié qui aurait voulu distinguer leur condition de la mienne, alors qu'ils étaient juste un peu plus avancés. Les bien portants plaignent les mourants comme s'ils n'allaient pas mourir eux-mêmes ; les jeunes plaignent les vieux comme s'ils n'allaient pas vieillir eux-mêmes ; les vivants s'apitoient sur les morts comme si leur condition était différente. La compassion, dans sa supériorité, marque un avantage très relatif, car le spectacle qui nous afflige est celui de notre propre destin. Rien à faire, pourtant ; la peur du vide, la volonté rationnelle de tout maîtriser nous conduit à regarder les agonisants comme des victimes et des sacrifiés, tandis que nous-mêmes serions plus chanceux...

( " Livre pour adultes " de Benoit Duteurtre )

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16 mars 2017

mon ombre...

L’image contient peut-être : une personne ou plus, chaussures et terrain de basketball

Je prends le plus souvent

Le trottoir au soleil.

J'y pense en traversant la rue pour quitter l'ombre

rejoindre de l'autre côté mon ombre...

qui maintenant me suit.

 

( François de Cornière )

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14 mars 2017

au nom du peuple...

L’image contient peut-être : une personne ou plus et texte

Brexiters, trumpistes et lepénistes ont ceci en commun qu’ils assurent incarner « le peuple ». A leurs yeux, c’est un gage de bonté naturelle et d’exceptionnelle légitimité démocratique. Cette qualité autodistribuée a l’avantage de repousser « les autres » dans l’ignoble catégorie des «élites » que l’on sait attachées au malheur dudit peuple. Ainsi va la rhétorique électorale de part etd’autre de l’Atlantique en ce premier tiers de XXIe siècle. Personne ne sait trop ce que recouvre « le peuple », cette entité mythique dont les partis et les candidats protestataires se disent les représentants exclusifs. Le Petit Robert ne nous aide guère, quiparle d’un « ensemble d’êtres humains vivant en société, habitant un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de coutumes et d’institutions ». On pourrait imaginer plus précis. Mais enfin, le fait est là, « le peuple » a rarement été autant sollicité. Les temps s’y prêtent – lendemains d’une crise financière partie de Wall Street qui a ravagé la vie de dizaines de millions de gens ; développement massif des inégalités ; univers économique de plus en plus concurrentiel ; flux migratoires bouleversant l’environnement immédiat des plus défavorisés dans nos sociétés. Marine Le Pen, Donald Trump et, aujourd’hui encore, les chefs brexiters truffent leurs discours de cette référence au « peuple ». Ils se posent en insurgés antisystème. Ils sont la voix des recalés de la mondialisation. Ils ont détourné à leur profit le vieux thème marxiste de la lutte des classes. Discours dangereux. Il suppose d’entretenir la détestation de l’autre camp : si j’incarne « le peuple», mes opposants sont « les ennemis du peuple ». Les Le Pen, Trump et Nigel Farage (mousquetaire en chef de la campagne Brexit) sont allés au-delà de la dénonciation des élites. Ils s’en prennent à certains des gardiens de l’Etat de droit (magistrats, fonctionnaires) et aux journalistes. Tous publiquement désignés à la vindicte du « peuple ». Un vent mauvais souffle. Trump accuse la presse d’être « l’ennemie du peuple » et, dans le groupe des traîtres, l’excellent New York Times figure en première ligne. L’un des éditorialistes du quotidien, Roger Cohen, rappelait cette semaine « le pedigree totalitaire presque parfait » de l’expression «ennemis du peuple » : elle a trouvé « ses débouchés les plus accomplis avec les nazis, Staline et Mao », écrit Cohen. Le Financial Times rapporte que des juges et des journalistes aux Etats-Unis commencent à recevoir des menaces de mort. Curieuse référence économique, le peuple. A quel niveau de revenu passe-t- on dans la famille des «élites » ? Sort-on du « peuple » en s’enrichissant ? Y retourne-t- on en se ruinant ? Imprécise référence électorale, en tout cas. Les plus pauvres des Américains ont voté Hillary Clinton. Le Brexit n’aurait pas rallié la majorité sans l’appui des riches retraités du sud de l’Angleterre. La clientèle Front national du sud de la France est souvent aisée, celle du Nord, pauvre. Un large spectre de « minorités » Pourtant, la référence au « peuple » dit quelque chose des sociétés occidentales. Elles sont souvent sans pitié pour les laissés-pour- compte de la mondialisation. La marginalisation n’est pas forcément économique, elle est d’abord culturelle. Le politiquement correct ne pousse pas la générosité jusqu’à défendre un large spectre de « minorités » : recalés de la révolution numérique, banlieusards chassés du centre des villes, agriculteurs écrabouillés par la grande distribution, professeurs prolétarisés, tous ceux qu’un environnement médiatique insupportable de jeunisme et de suffisance narcissique relègue en classe « ringards ». Brillant politologue de l’université de Cambridge, David Runciman s’interroge : que recouvre aujourd’hui l’incantatoire référence au « peuple » ? Dans le quotidien The Guardian, en octobre 2016, il observe que le déterminant le plus sûr du vote Brexit comme du vote Trump ou Le Pen est le niveau d’éducation – en gros, ceux qui ont été à l’université et les autres. Ce critère ne recoupe pas forcément celui de la richesse : l’électorat Trump compte nombre de riches entrepreneurs. Il n’oppose pas « le savoir à l’ignorance », dit encore M. Runciman, mais il détermine deux représentations du monde de plus en plus antagonistes. Si le niveau d’éducation devient la vraie ligne de fracture dans nos sociétés, nous ferons face à une «double aliénation » : « les moins éduqués jugeront qu’ils sont dirigés par des experts snobs ignorant tout de leur vie ; les diplômés trembleront à l’idée que leur avenir puisse être décidé par des ignares, imperméables à la façon dont le monde marche vraiment ». Ce fossé-là peut être plus profond et plus toxique que celui qui sépare riches et pauvres car il est lesté, de part et d’autre, d’un sentiment de supériorité. L’une et l’autre incestueuses, les deux tribus se connaissent de moins en moins, les uns en ville, les autres ailleurs, séparés par le périphérique et l’incompréhension mutuelle. Les maraudeurs de la politique exploitent cette fracture. Cyniques et hypocrites, ils appartiennent à l’élite, mais en appellent au « peuple ». Les ténors du Brexit, Nigel Farage et Boris Johnson en tête,habitent les mêmes quartiers que leurs adversaires. Ils ont fait les mêmes études, passent leurs vacances en Grèce, souvent grassement payés par Rupert Murdoch, l’homme qui a juré la perte de l’Union européenne. Trump a hérité de 240 millions de dollars à la naissance et, même à la Maison Blanche, il se refuse à rendre publique sa déclaration d’impôts. Mme Le Pen a, elle aussi, hérité d’une confortable aisance ainsi que d’une affaire familiale, en l’espèce un parti, qu’elle s’occupe à faire fructifier. Ils n’ont aucune légitimité particulière à parler au nom du « peuple ».

( Alain Frachon / Le Monde )

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06 mars 2017

l'immensité...

L’image contient peut-être : nuit et ciel

Très tôt, j'ai été habité par les grandes questions de l'existence et l'angoisse du néant. Je me souviens de mes rêveries en solitaire sur la terrasse ou à l'ombre du marronnier. J'avais sept ou huit ans et j'essayais de reconstituer le passé. J'imaginais devant moi les silhouettes de la vingtaine d'hommes et de femmes dont j'étais issu. Je cherchais à me représenter leurs traits et leurs caractères, à comprendre comment tout cela se trouvait mystérieusement mêlé au plus profond de moi-même. Je tentais de comprendre le ciel, l'infini du temps et l'infini de l'espace. J'imaginais les galaxies qui s'enfuient à une allure ahurissante sans que nous puissions deviner le sens ni les limites de l'univers. J'étais ébloui, puis, soudain, angoissé jusqu'aux larmes. Qu'étais-je dans le fracas de l'immensité ?

( " Toute une vie " d'Hélie de Saint Marc )

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02 mars 2017

Aucun texte alternatif disponible.

La parole ne peut jamais dire

ce dont je veux parler

et je ne sais comment le dire.

 ( " Tous les matins du monde " de Pascal Quignard )

 alors, je l'écris...

 ( Bibi )

 

( Illustration : " Autoportrait " de Pablo Picasso )

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16 février 2017

sur l'peeeeurt du Hâââââââv...

 L’image contient peut-être : une personne ou plus, plein air et eau

 En 1900 sur le Port du Havre,

           il fallait environ un mois

             pour décharger et charger un navire

                 contre quelques heures maintenant.

 

( " Le Havre, 500 ans d'anecdotes de François Ier à aujourd'hui " de Sophie Guillaume-Petit et Christine Denis-Huot )

( Illustration : Les quais du Port du Havre en 1935, peints par mon potavrais Daniel Haté )

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15 février 2017

Quincaillerie Cantel...

Aucun texte alternatif disponible.

La Quincaillerie Cantel, Quai Notre Dame ( peinte par Fred Pailhès ? ), avant sa destruction totale par les avions Anglais lors des bombardements qui rasèrent Le Havre en 1944. Celle-ci, accueillie pdt de longues années dans des baraquements en tôle ondulée face aux bureaux des douanes situés Chaussée du 24eme Territorial, fut reconstruite quai Lamblardie. Mon grand père Robert, quincailler à Livarot achète la quincaillerie Leroux au Havre dans les années 10 ou 20 (?). Mon papa Jean et mon oncle Pierre succèdent à leur père dans les années 40/50 (?) pour cesser leur activité dans les années 80 (?). Disparition de cette institution Havraise bien connue du monde industriel, du monde du bâtiment et du monde portuaire et maritime dans les années 90.

Thierry Cantel

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13 février 2017

l'capitalisme...

L’image contient peut-être : bandes

Si l'on aspire seulement à doter

    d'un nombre croissant de biens

             un nombre croissant d'êtres,

                 sans se soucier de la qualité

                    des êtres ni de celles des biens,

                      alors le capitalisme est la solution parfaite.

 

( Nicolás Gómez Dávila )

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11 février 2017

premier roman d'un potavrais...

Si vous ne le trouvez pas dans les rayons de votre libraire, demandez-le.
Si c’est un bon libraire, il vous le commandera.

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