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30 avril 2018

le lendemain

On devrait toujours se voir comme des gens qui vont mourir le lendemain.

C'est ce temps qu'on croit avoir devant soi qui nous tue.

( Elsa Triolet )

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14 mars 2018

constat...

Je n'aurais pas, il y a 20 ans, eu seulement l'idée de faire le constat que je vais faire, et qui n'est ni une fuite, ni une revendication hargneuse, mais le rappel d'un fait : Je suis né Français et Catholique. Aujourd'hui, parmi tout ce qui se défait et se refait, se réoriente autour de nous, marquer cela comme un souvenir installe déjà une différenciation. En 20 ans, ce qui était devenu une évidence a commencé de devenir une particularité.

Français et Catholique, parce que c'est un fait. Ce que j'en pense aujourd'hui n'importe guère : ce furent les deux pentes du toit. J'ai posé mon cartable d'écolier entre la carte de France et le crucifix, l'instruction civique et le catéchisme, Jules Ferry et Jeanne d'Arc. Ce qui n'est pas viable, c'est le lien affectif qui demeure : Je ne regarde pas sans tendresse les petites églises et les écoles communales, qui composèrent pour quelques générations un environnement d'ailleurs sage et harmonieux.

( " N6 " de François Taillandier )

 

 

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27 décembre 2017

Le goût des choses...

 

Quand on a perdu le goût des choses  

D'avoir trop marché vers le chemin des roses  

On s'éteint dans le chagrin  

Quand tout semble loin,  

On espère toujours,  

Dans le long tissu des brumes,  

Cet autre Moi,  

Cet autre Toi,  

Ce souffle, sur la peau,  

Ce geste adoré  

Et ce parfum  

Qui accroche les lèvres aux destins.

 

( Pierre Bayenet )

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11 novembre 2017

La contrainte...

 Dessin de Xavier Josso, au Musée de la Grande Guerre de Meaux

Je n'ai aucun désir de tuer des hommes, je sais tout cela, seulement voilà, ils me possèdent déjà, ils m'appellent, et je sais que, envers et contre tout, j'irais. Pourquoi, mais pourquoi ? Je me demande pourquoi. Je l'ignore. Peut être parce que la folie dans le monde est plus forte que la raison. Je ne suis pas un héros et je n'ose pas fuir. C'est une forme de contrainte. Je suis incapable de briser la chaîne qui étrangle 20 millions d'hommes. Il faudrait seulement montrer qu'on ne veut pas et que l'on n'a pas le droit de se soumettre. Ne pas oublier que l'on en veut à ta liberté et à ta vie. L'individu doit être plus fort que l'idée, il faut seulement qu'il reste lui même, qu'il n'abdique pas sa propre volonté. Il faut seulement qu'il sache qu'il est un homme et qu'il veut le rester. Alors : Patrie, devoir, héroïsme ne seront plus que de la rhétorique qui pue le sang. Un sang humain chaud et vivant. Je ne veux pas partir mais je les laisse vouloir pour moi et c'est là mon crime. Verser son sang pour ses propres idées, d'accord. Mais pour des idées étrangères, à quoi bon ! Mais il y a quelque chose d'indéfinissable en moi qui se lève comme l'écolier devant le maître et obéit. Je ne veux pas partir. Je ne veux pas. Mais l'impitoyable puissance a déjà pris possession de moi, cette puissance qui a déjà écrasé le monde. Je ne veux pas partir et je vais partir.

( " La contrainte " de Stephan Zweig )

Dessin de Xavier Josso  http://www.livreshebdo.fr/…/plus-dune-centaine-de-livres-po…

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03 novembre 2017

" Eau d'or " de Gérard Deshayes

 Résultat de recherche d'images pour "eau d'or gerard deshayes"

Mon ami Gérard a beaucoup de talent et ce premier livre est très prometteur. Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir. De l'esprit, de l'humour, du suspens, des petits clins d'oeil au Cinéma, à la Littérature, aux belles femmes et aux belles voitures. Une jolie rencontre à Deauville entre " un homme et une femme ". Tiens, tiens ! De l'érotisme chic, tout en tendresse, tout en humanité, bref tout en délicatesse ( ah, les " pré-préliminaires " des deux héros du livre... à savourer lentement ). Par contre, ne pas attendre l'épuisement de ce livre, passer à l'acte et conclure vite, vite... par son achat et sa lecture.

l'père Cantoche

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29 octobre 2017

un Fanta...

 Résultat de recherche d'images pour "fanta orange et citron"

C'est un nain qui rentre dans un bar : il a très très soif.
Le nain s'approche du comptoir. Il est très haut ce comptoir. Il voit rien du tout de ce qu'il y a de l'autre côté...
Il essaie quand même :
-- Je voudrais un Fanta !
(pas de réponse) ...
Il essaie en sautant aussi haut qu'il peut
( à raconter en mimant un nain qui saute...)
-- J'voudrais un Fanta !
   J'voudrais un fanta !
(toujours pas de réponse)
Cette fois, le nain, il en a marre.
Il fait le tour du comptoir, et de l'autre côté, il aperçoit un autre nain, qui saute en l'air en criant :
-- Orange ou Citron ?
   Orange ou Citron ?

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26 octobre 2017

séduction...

 

Rien de si aimable

           qu'un homme séduisant,

                          mais rien de plus odieux

                                                 qu'un séducteur.

 

    ( Ninon de Lenclos )

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19 octobre 2017

Balance...

Résultat de recherche d'images pour "femmes tondues à la libération"

Libère-toi.

Libère ta parole.

Balance enfin tous ceux qui se sont mis un jour en travers de ta route, alors que tu étais né pour traverser la vie comme si elle était un grand jardin de roses, et que tu y es empêché par la présence même de cet Autre dont le premier défaut est de n’être pas toi.

Balance ton voisin qui gare mal sa poussette dans le hall de l’immeuble et qui t’oblige à faire un détour pour sortir. Balance le professeur de ton enfant qui s’est permis de lui coller un 2 à son interro d’histoire au prétexte vaseux qu’il ne connaissait pas sa leçon. Balance ton collègue qui pique tous les stylos.

Balance ton père, ton époux, ton frère, tes oncles et tes fils parce qu’ils sont des hommes et qu’à ce titre ils ont forcément à un moment ou à un autre abusés de leur pouvoir d’hommes, ne serait-ce qu’en te disant que tu étais jolie te rabaissant à ta condition de femme objet.

Balance ta mère de t’avoir mis au monde te vouant de fait à une fin certaine.

Balance les gens qui marchent dans la rue d’un pas de promeneur et qui freinent par leur présence ta marche pressée.

Balance la petite vieille qui au prétexte de rompre sa solitude et de se mêler au brouhaha du monde fait ses courses aux heures de pointe, te ralentissant à la caisse du supermarché.

Balance tous ceux qui t’emmerdent par leur simple existence. La parole se libère, c’est formidable. Grâce au réseau sociaux tu vas pouvoir déverser ta haine de l’Autre, lui dire combien son existence est une calamité, tu vas pouvoir te faire du bien, une sorte d’onanisme twitterien, planqué derrière ton écran.

Balance tout le monde, c’est le meilleur moyen de diluer les responsabilités. Si tu es une femme, n’oublie pas de préciser que le regard d’un inconnu c’est déjà une agression. Ça permettra de noyer le poisson. Tous coupables, c’est une façon d’exonérer les vrais coupables. Tu diras en passant à la femme violée ou battue que tu la comprends très bien puisque tu as toi-même été sifflée. Du sifflement au viol, il n’y a qu’un pas n’est-ce pas ? Profites-en pour régler tes comptes, si ton mari ne t’a pas versé la pension alimentaire, traite-le de gros porc harceleur, vas-y, n’hésite pas, l’important n’est pas que ce soit vrai, juste de te libérer. Allez sois une victime, ou fait semblant, parce que si tu n’es pas victime c’est que tu es forcément bourreau.

C’est bon, tu te sens mieux ?

Parfait. Je te l’avais dit : dans la délation, tout est bon.

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13 octobre 2017

de grâce...

 

 Résultat de recherche d'images pour "de stael"

 Quand on écrit, faut-il tout écrire ?

Quand on peint, faut-il tout peindre ?

De grâce,

laissez quelque chose à suppléer par mon imagination !

 ( Denis Diderot )

 

Illustration : Peinture de Nicolas de Staël

http://art-deco.france.pagesperso-orange.fr/stael.htm

 

 

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08 octobre 2017

envie pressante...

 

Un type dans un bistrot est pris d'une envie très pressante de soulager ses intestins. Il descend l'escalier qui mène aux gogues, et là, malheur ! Le verrou de l'unique porte indique " Occupé ".
Il se dandine, serre les fesses tant qu'il peut, mais le temps passe et toujours pas de signe de vie dans les chiottes. Notre gugusse est toujours en train de serrer les fesses, jusqu'au moment où il sent qu'il n'en peut plus, et qu'il va refaire le crépis des toilettes.
Il tambourine contre la porte : '
-- Mais dépêchez-vous, vindiou ! J'ai la chiasse !
Et il entend une voix essoufflée :
-- Gnnnh!... Grrrrr... Gnnnnh... Veinard, t'en as... d'la... chaaaance !

Posté par thierrylehavre76 à 07:21 - - Commentaires [4] - Permalien [#]